Le premier Instituteur de Salt Spring

 

Le premier instituteur de Salt Spring John était un jeune homme Noir qui s'appelait Craven Jones. 

John Craven Jones était né à Raleigh en Carolina du Nord le 10 Septembre 1834.

En 1850, John Craven Jones se rendit au Collège d'Oberlin dans l' Ohio et fu admis en Classe Préparatoire. Dès la fin de la première année, 1850-1851, J.C. Jones avait acquis les connaissances suffisantes pour être admis à suivre les cours de niveau universitaire. John s'inscrivite en 1851 au Cours Classique de l'Université et obtint son diplôme A.B. degree en 1856.

 

Le père de John, Allan Jones était un partisan passioné de l'éducation pour les Noirs. C'était un Noir, né esclave aux Etats Unis. Il devint un homme libre. (nous ne savons pas avec certitude mais il racheta probablement sa liberté ainsi que celle de sa femme et ses enfants). Une fois libre, il fonda une école pour enfants Noirs. Des gens, qui pensaient que les enfants Noirs ne devaient pas apprendre à lire et écrire, brûlèrent l'école. Il en construisit une nouvelle qui fut aussi détruite par le feu. Il en construisit un autre qui elle aussi fut brûlée. Allan Jones envoya ses fils au Collège Oberlin, Ohio, afin qu'ils recoivent une éducation de haut niveau. Les trois frères Jones sortirent avec un diplôme. John était celui des frères qui voulait se consacrer à l'enseignement. Comme son père, il voulait tout particulièrement enseigner à son propre peuple. Il avait appris au Collène d'Oberlin comment mettre sur pied une école à classe unique pour les enfants et aussi comment leur donner une éducation vraiment valable de la première jusqu'à la huitième.

 

Après l'obtention de la diplôme au Collège d' Oberlin, John Craven Jones enseigna pendant deux ans en tant que seul institeur d'une école à classe unique pour élèves Noirs à Xenia dans l'Ohio.

 

En 1859, à l'âge de 25 ans, John Craven Jones et ses frères vinrent à Salt Spring avec le premier groupe non autochtone à démarrer une nouvelle vie en s'installant sur l'île de Salt Spring (avant 1859, seuls les membres des Premières Nations de la région fréquentaient les terres et les rivages de l'île de Salt Spring). Certains parmi ces nouveaux colons étaient des Blancs, célibataires, qui épousèrent des femmes indiennes. Les femmes indiennes savaient trouver la nourriture et comment survivre sur l'île. Cependant, presque tous les Noirs venaient en famille, mari et femme avec des enfants qui avaient besoin d'être éduqués. J.C. Jones commença à enseigner à ces enfants presque immédiatement et continua à le faire pendant de nombreuses années, sans aucun salaire. (les familles faisaient le nécessaire pour qu'il dispose de tout ce dont il avait besoin pour rester enseigner sur l'île, dans ce but, ils partageaient leur nourriture avec lui et l'aidaient dans ses autres besoins) .

 (Voir NOTE C, une anecdote à propos des origines ethniques)

 

Les premiers colons arrivèrent sur l'île de Salt Spring pendant l'été et l'automne de 1859.

Quand 1861 arriva, une grande école en rondins était en construction à Central (à côté d'où est Central Hall de nos jours). Mais avant cette date, nous savons que M. J.C. Jones faisait la classe partout où il le pouvait, dans des cabanes sommaires ou bien le temps d'une journée dans la cabane d'une famille. Il eu bientôt deux écoles à sa disposition : celle de Central et aussi une cabane plus au nord, près d'où se trouve aujourd'hui l'école de Fernwood. Il faisait la classe trois jours de la semaine à Central et les trois jours suivants dans le Quartier Nord, afin d'éviter aux enfants d'avoir à aller si loin à pied pour se rendre à l'école. Les dimanches, l'école de rondins servait d'église, un Noir nommé William Robinson y faisait le cathéchisme pour les enfants. 

 

Tout d'abord, Mr. Jones fit la classe aux enfants Noirs, mais quand arriva 1866, 42 enfants assistaient au catéchisme dans le Quartier Nord de l'île de Salt Spring, et M. Jones était toujours l'unique instituteur. (Beaucoup parmi ces enfants étaient des bébés ou des tout-petits). Les enfants Noirs n'étaient plus les seuls à fréquenter l'école. A cette date, les femmes indiennes mariées à des Blancs étaient mères de famille et une fois les enfants en âge, ils fréquentaient l'école pour y recevoir l'enseignement de M. Jones.

(En 1867, il y avait seulement 9 écoles publiques dans toute la Colombie Britannique - celle de l'île de Salt Spring, les autres étant à Craigflower, Cedar Hill, Lake District, South Saanich, Cowichan, Nanaimo, et deux à Victoria.)

 

Mr. Jones était le seul instituteur de l'île de Salt Spring Island pendant 12 ans. (en 1872, la communauté du Quartier Sud comptait assez d'enfants pour démarrer sa propre école dans la vallée de Burgoyne - 10 élèves. L'instituteur n'était pas de Salt Spring mais quelqu'un envoyé par le Gouvernement. Le 27 juin 1872, J.C. Jones avait 25 élèves, 7 dans le Quartier Nord et 18 à Central. En 1872, dans toute la Colombie Britannique, on comptait 500 élèves répartis dans 14 écoles publiques et J.C. Jones était un parmi seulement 16 instituteurs dans la Province. Nous savons tout cela d'après un Rapport de l'Inspecteur des Ecoles. M. Jones continua à enseigner sur Salt Spring jusqu'en 1875, date à partir de laquelle il put se consacrer à cultiver sa terre.

 

Plus tard, John Craven Jones retourna à Oberlin en visite. Il y rencontra une femme Noire qui venait obtenir son diplôme. Son nom était Almira Scott. En 1882, John épousa Almira. Il était âgé de 48 ans. Ils décidèrent de vendre la ferme de Salt Spring et de retourner là où John était né. La Caroline du Nord était devenue un endroit différent de ce qu'elle était lorsque John était enfant. L'esclavage avait été aboli (la guerre de Sécession commença après le départ de John et s'était terminée avec la  Déclaration d'Emancipation le 1er Janvier 1865, dix ans avant le retour de John. John et Almira Jones allèrent à Tarboro en Caroline du Nord où ils enseignèrent dans une école pour enfants Noirs. John and Almira eurent trois enfants. John enseigna à Tarboro pendant environ 20 ans avant de prendre sa retraite comme fermier. John Craven Jones mourut à Greensboro en Caroline du Sud le 17 Decembre1911.

 

Liens

Classe Préparatoire      Qu'est ce qu'une Classe Préparatoire? voir NOTE A

 

Diplôme A.B.                Qu'est ce qu'un diplôme A.B.? - quelque chose comme un diplôme de : Bachelor of Arts,

                                    Un B.A. Classique (inclus Latin, Grec et Mathématiques Euclidiennes).

 

College d'Oberlin          voir NOTE B

 

J.C. Jones                   peinture de J.C. Jones faisant la classe (sur le site internet SSIA )

 

l'école de rondins          photo (sur le site internet SSIA )

 

William Robinson       voir NOTE D

 

Le rapport de l'Inspecteur des Ecoles     voir NOTE E 

 

NOTE A :

La Classe Préparatoire était similaire à l'école secondaire. A cette époque, il n'était pas facile pour les élèves d'atteindre dans leur région le niveau requis pour entrer à l'Université. De nombreux élèves venaient donc à Oberlin afin d'obtenir le niveau suffisant pour rentrer à l'Université.

 

NOTE B :

Si vous voulez en savoir plus à propos du Collège d'Oberlin dans l'Ohio, vous pouvez chercher sur Internet ou demander à Usha <info@saltspringarchives.com>

Pourquoi seriez-vous interessés? Le College d'Oberlin fut fondé en 1833 par un groupe de jeunes idéalistes qui croyaient en l'égalité pour tous. La règle dans cette université était donc d'offrir la même éducation aux étudiants de sexe féminin, aux Noirs et aux pauvres, ainsi qu'aux Blancs de sexe masculin s'ils avaient assez d'argent pour payer des frais de scolarité élevés. C'était une époque durant laquelle la majorité de la population était persuadée que les femmes ne pouvaient pas étudier, et que les Noirs ne devraient pas être autorisés à apprendre à lire et à écrire. Cependant, au Collège d'Oberlin les étudiants Noirs recevaient le même enseignement de haut niveau que les étudiants Blancs. Ils étaient aussi encouragés à aller vers les gens afin d'enseigner à davantage de Noirs. (Le Collège d'Oberlin, Ohio, était à l'avant-garde du mouvement abolitionniste cherchant à mettre fin à l'esclavage).

 

NOTE C : Nous n'avons connaissance que d'une seule famille blanche qui arriva déjà déjà mariée avec des enfants. C'était la famille Lineker qui s'établit à l'entrée du Port de Ganges. Ils ne restèrent pas très longtemps sur l'île. Au moins un autre homme d'origine européenne vint avec ses enfants, mais la mère était indienne elle aussi. (La mère des enfants Lineker ne voulait pas que ses enfants aillent en classe avec des enfants Noirs, ils n'allèrent donc pas à l'école avec un instituteur Noir. Cet exemple d'attitude discriminatoire fut interprété à l'époque comme étant inhabituel, dû à l'éducation reçue en tant que fille d'un pasteur en Australie - elle ne peut pas s'en empêcher la pauvre, c'est ce qu'on en disait à l'époque).

 

NOTE D : William Robinson s'ennuyait de sa femme et de ses enfants. Ils étaient restés en Californie attendant qu'il leur annonce qu'une cabane était construite et prête à les recevoir et que les champs étaient défrichés et plantés de façon à assurer leur subsistance. Peut-être sa femme n'était-elle pas sûre de vouloir venir au Canada, si loin de sa famille et de ses amis. En 1868, elle lui envoya un message lui disant qu'elle avait finalement décidé de ne pas venir, il prit donc ses dispositions pour rentrer en Californie. Ce qui arriva ensuite est une autre histoire... si vous mourrez d'envie de savoir, demandez Qui a tué William Robinson?

 

NOTE E : Si vous voulez savoir ce que l'Inspecteur des Ecoles pensait de M. Jones en tant qu'instituteur, vous pouvez lire son Rapport de l'Inspecteur des Ecoles - mais assurez-vous de demander à Usha ce qu'elle pense de ce rapport ! Elle n'est pas d'accord avec l'inspecteur. Premier point : l'inspecteur avait dit que M. JOnes devrait cesser d'aller à pied d'une école à l'autre (une à Centrale, l'autre près d'où se trouve de nos jours l'école de Fernwood). L'inspecteur avait dit que c'était gaspiller le temps de l'instituteur et que tous les enfants devaient aller à l'école de Central chaque jour. (A cette époque, tout le monde se déplaçait à pied, il n'y avait pas de routes parcequ'il n'y avait aucun véhicule). Mais c'était dangereux pour les enfants de suivre les pistes à pied car les loups, les ours et les pumas vivaient en permanence sur l'île en ce temps là..

 

PREMIER RAPPORT ANNUEL du SUPERINTENDANT de l' EDUCATION

pour l'année scolaire se terminant le 31 juillet 1872.

[Rapport rédigé par le Superintendant de l' Education John Jessop]

 

DISTRICT SCOLAIRE de l'île de SALT SPRING —Formé le 30 Juillet 1870. Limites :—"La totallité du territoire connu sur la Carte Officielle sous le nom de "Ile de Salt Spring ou de l'Amiral". M.J.C. Jones enseigne dans le cadre d'un arrangement provisoire jusqu'à la fin de l'année. Salaire : $ 40 par mois. Ai visité l'île les 27 et 28 juin. Ai trouvé l'instituteur en activité dans le Peuplement du Nord, aussi appelé Peuplement Beggs, où avait lieu l'école depuis trois mois. Le 28 était jour d'examen, mais trois élèves seulement étaient présents - deux filles et un garçon. Le garçon étudiait la grammaire latine, car il était parvenu à un tel niveau en grammaire anglaise et en géographie qu'il n'étudiait plus ces matières depuis un an et elles avaient été remplacées par le latin !! C'est ce qu'à rapporté l'instituteur. Un examen portant sur ces matières ainsi que l'arithmétique n'a en aucune façon établit le fait d'un quelconque niveau acquis précédemment. L'instituteur gaspille son temps en se déplaçant entre les peuplements du milieu et du Nord. La situation ne l'exige pas car aucun des élèves n'habite à plus de trois miles de l'école et la route s'améliore d'année en année. Il y a 25 enfants en âge scolaire dans les deux peuplements mentionnés plus haut, 7 parmi ces enfants résident dans le peuplement du Nord et 16 dans le peuplement du Milieu. Il y a un peuplement interessant et en plein essort entre la Baie de Burgoyne et le port de Fulford, il s'étend approximativement sur trois miles. Plusieurs familles y sont déjà installées, on dénombre 21 enfants dont environ la moitié sont en âge d'aller à l'école. Une demande a récemment été adressée au Gouvernement sollicitant une aide destinée à la construction d'une école et au salaire de l'instituteur. Ces colons se trouvent à 8 bons miles de l'école du Peuplement du Milieu.

 

 NOTE - à propos des Sources.

Cet article ne cite pas ses sources, il ne mentionne pas non plus d'où je sais ce que je sais, ou comment j'ai déduit ce que j'avance. Si vos élèves avaient un interêt à ce qu'un appendice soit consacré à un tel sujet, vous pourriez me demander de l'ajouter à cet article.

Par exemple, comment puis-je avancer que M. Jones commença à se consacrer à développer ses terres agricoles après qu'il ait cessé d'enseigner ? et bien, dans les registres locaux à partir de 1875, la profession de J.C. Jones change d'"'instituteur" à "fermier". Comment savons-nous qu'il cessa d'enseigner en 1875 ? Et bien, aux Archives de la Colombie Britannique à Victoria, vous pouvez consulter le "Quatrième Rapport Annuel sur les Ecoles Publiques de Colombie Britannique 1874-1875" rédigé par le Superintendant de l'Education, John Jessop, et à la page 32 Tableau A, vous trouvez cet article : (j'ai ajouté les mots en italiques)

Vesuvius (Central) Instituteur 1874-75 John Craven Jones - W.F. Jones à partir du 1er Mai

Population d'âge scolaire de l'île de Salt Spring : 19; élèves entre 5-16=11, 2 élèves hors de cette tranche d'âge présents.        

Total des présents tous âges confondus =13; 4 garçons, 9 filles

J.C. Jones        Americain          engagé 1 Août 1872    non certifié     salaire $40 par mois

W.F. Jones      Anglais               engagé 1 Mai 1875    non certifié     salaire $50 per month

(“Engagé le 1 Août 1872, ne veut pas dire que c'est à cette date que Mr. Jones a commençé à faire la classe mais indique la création du nouveau ministère de l'Education. "non certifié" ne veut pas dire qu'il n'avait pas la formation necessaire pour être instituteur - M. Jones en fait était davantage qualifié que l'inspecteur des Ecoles lui-même, mais cela veut dire qu'il n'avait pas encore passé les nouveaux examens requis pour obtenir la certification necessaire afin que les instituteurs soient rétribués selon une échelle de salaires récemment établie par le Gouvernement). Les annales du Gouvernement conservées aux Archives de Colombie Britannique mentionnent que W.F. Jones, d'origine anglaise, fut lui-même remplacé en septembre de la même année par un certain M. John Britton (à propos de qui je garde en réserve une histoire salée...) - et ainsi de suite.

PS - J'ai supprimé tellement d'information que ce qui reste n'est pas toute la vérité.

Par exemple, certains livres d'histoire ou articles font mention d'un certain M. Lester qui "faisait la classe avec J.C. Jones" ou bien l'assistait dans son enseignement. Je ne l'ai pas mentionné (d'une part parce qu'il n'y a pas de preuves, juste une de ces rumeurs-légendes-vagues histoires-typiques de cette île, et d'autre part parce qu'entrer dans ce genre d'explication embrouille le lecteur). Un certain M. Moore a vécu sur l'île pendant un certain temps, il est cité dans le journal de Bishop Hill comme étant un "instituteur de couleur", cependant il ne dit pas qu'il fait la classe. Donc, on pourrait mettre ma parole en doute lorsque j'écris que J.C. Jones était le seul instituteur sur l'île. J'ai supprimé les adjectifs que j'avais employé au début tel que le seul instituteur " prouvé".

Je me suis aussi demandée si je devais supprimer l'adjectif dans "instituteur de l'Enseignement Public" car il y avait des écoles non publiques- les écoles du couvent Sainte Anne, l'école de la Compagnie de la Baie d'Hudson pour les enfants de ses employés, etc... L'éducation privée, pour les riches ou pour les orphelins, était la norme avant même qu'on commence à rêver d'éducation publique. Il se trouve que la Province de Colombie Britannique a établi un des plus anciens services d'Education Publique au monde. Le Canada a bénéficié d'une éducation libre financée par le Gouvernement avant l'Angleterre (bien que cela ait existé en Ecosse depuis bien longtemps) alors que l'Angleterre s'enorgueillit de l'histoire de son système éducatif libéral.

J'en sais beaucoup trop. C'est une malédiction!

 

environ1000 mots sans les Notes

    500 mots Notes A-E

 

chiffres de1866 : Rev. JCB Cave de Comox rapport au Daily Chronicle, (Victoria) 28 Février 1866

 

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