Premières Nations

Une introduction à l'Histoire des Premières Nations dans les Iles-Gulf
Par Chris Arnett

Environnement

La côte Est de l'Ile de Vancouver est une plaine valonnée et boisée se rétrécissant vers le Sud, là où l'épine dorsale montagneuse de l'île s'approche de la côte; deux rivières, la Cowichan et la Chemainus, drainent les forêts primitives au long de leurs vallées et de leurs fertiles deltas. Au large, un dédale d'îles plus petites forment un mur apparemment infranchissable en bordure du Golfe de Géorgie - la mer intérieure qui sépare l'Ile de Vancouver et les Iles-Gulf des lointaine montagnes du continent.
La zone sous le vent à l'abri de la pluie créée par la péninsule Olympique accorde à la côte Est de l'Ile de Vancouver et aux Iles-Gulf un micro-climat caractérisé par des hivers doux et humides et des étés longs et frais. Lorsque les océans se stabilisèrent à leur niveau actuel il y a environ 5000 ans, les humains commencèrent à exploiter de manière efficace et viable les abondantes richesses terrestres et maritimes. Les bienfaits étaient disponibles depuis le ciel jusqu'à la mer. L'hiver, les canards envahissaient par milliers les zones humides et les ports naturels, les rivages hébergeaient de nombreuses espèces de coquillages et de crustacés disponibles tout au long de l'année. Les cerfs et les élans prospéraient dans les bois et les prairies, lesquelles contenaient de nombreuses espèces de plantes comestibles et médicinales. Des poissons de nombreuses espèces étaient toujours disponibles. Au printemps, des myriades de harengs venaient frayer dans les eaux abritées, attirant les saumons Chinook, eux-mêmes suivis par les lions de mer de Steller,et, bien sûr, par les humains à la recherche de tous les autres. Chaque été les intéractions atteignaient leur paroxysme au moment de la migration massive des saumons "Sockeye" remontant le fleuve Fraser.

Mais il n'en fut pas toujours de même.

Xeel's

Au temps de shwi'em' (l'époque des anciennes histoires) lorsque le monde fut créé, "il n'y avait rien à sa surface - rien que la terre et l'eau". Alors, comme nous le racontent les Anciens, Xeel's le Changeur, "descendit sur notre monde pour terminer les choses ... il s'occupait à réparer les choses, faisait les lacs et les rivières, et toutes les choses qui croissent, puis il fit les animaux et tout ce genre de choses". Xeel's fit tomber les premiers hommes du ciel pour peupler la terre. Un homme nommé Syalutsa' aterrit sur un champ herbeux appelé Tsuqwulu sur le versant Sud-Ouest de la montagne Swuqus surplombant la vallée de Cowichan. Un peu plus au Nord, Stutsun tomba du ciel et aterrit sur la montagne Skwaakwnus au dessus de la rivière Chemainus. Les autres hommes sortirent de la terre elle-même. A Penelakut sur l'île Kuper deux grands troncs de cèdre gisaient sur le rivage. Réchauffée par les rayons du soleil, l'écorce de l'un des troncs se fissura et en sortit le premier homme de l'île. peu de temps après il fut rejoint par la première femme, qui émergea du sable entre les deux troncs. Syalutsa', Stutsun, ainsi que les autres qui aterrirent au sommet des montagnes et des collines de l'île de Vancouver ou bien émergèrent des sables et des bois flottés de l'île Kuper sont les ancêtres des Premières Nations Hul'qumi'num. Ils sont les mustimuhw (êtres humains) aussi appelés hwulmuhw (ceux qui sont rassemblés en un un seul endroit).
Le Changeur, Xeel's, crea la bio-diversité - les ressources utilisées par les premiers hommes et snuw'uy'ul (les enseignements culturels), qui régissent toutes les types de comportements ainsi que les intéractions avec les royaumes du physique et du spirituel.

L'Histoire des Hwulmuhw, de 3000 avant J.C. jusqu'en 1849

Une partie du plan de Xeel's incluait l'utilisation de lieux et de ressources spécifiques par des familles spécifiques. Comme l'explique Angus Smith un Ancien des Cowichan:

"Là où vous êtes tombé sur la terre, là est votre lieu d'origine ... Des secteurs particuliers étaient spécifiques à certains groupes ou à certaines familles, là où nos ancêtres furent lâchés sur la terre. Ils étaient porteurs des enseignements culturels ... Plusieurs personnes pouvaient remonter la rivière Cowichan jusqu'au lac en ramassant leur nourriture. Ils savaient où la nourriture était disponible. Au lac, ils trouvaient des élans, des cerfs,et des truites. Chaque lieu leur était désigné. Les enseignements culturels leur étaient donnés, les instruisant à propos de ce qui était bon pour leur vie. Cela montrait aux premiers hommes ce qu'ils pouvaient utiliser. Cela ne venait que des Anciens; ils décidaient pendant qu'ils se dirigeaient vers le secteur du lac. Cela se passait de cette façon avec nos ancêtres; c'est pourquoi le peuple Cowichan conserve cette tradition. Tous les lieux ont un nom".

Son travail achevé, Xeel's quitta la terre et, le temps s'étant écoulé, avec le recul des glaciers et la stabilisation des terres émergées, les cycles saisonniers de l'extraction des ressources par les Premières Nations Hul'qumi'num s'établirent. Nulle part ailleur, dans ce qui est aujourd'hui la Colombie Britannique, pouvait-on se procurer une nourriture aussi variée et aussi abondante. Les gens avaient accès aux ressources tout au long de l'année. Henry Edwards, un Ancien de Lamalcha qui visitait souvent Salt Spring avec sa famille pour la chasse et la cueillette, explique:

"Certaines choses son prêtes à une certaine période de l'année et c'est à ce moment que vous allez les prendre. C'était comme ça sur l'île de Salt Spring. Les gens s'y rendaient quand cette nourriture était prête. Ils y allaient au printemps et en été, en hiver même. C'était là qu'ils allaient aux provisions."

Les Anciens disent que les noms de lieux Hwulmuhw décrivent "soit ce qui pousse là, soit comment le terrain a été formé, ou bien un événement lié à cette formation de terrain". Pour ne donner que quelques exemples, Xwaaqw'um (le lieu du canard "merganser") est l'ancien nom que l'on donnait à la Baie de Burgoyne sur l'île de Salt Spring et il décrit la source de nourriture de grande valeur que l'on trouvait là durant certaines périodes de l'année; Prevost Island porte le nom de Xwes' hwum (le lieu où il y a des phoques à fourrure), ainsi nommé pour les phoques recherchés pour la viande, l'huile et les peaux; Stsatx (le grand-flétan) était le nom que l'on donnait à Long Harbour sur l'île de Salt Spring pour indiquer quel poisson on trouvait là; et à l'extrémité nord de la même île, P'q'unup (sol blanc) décrivait les plages de coquilles blanches créées par les millions de coquilles rejetées et blanchies, résultant de la récolte et du traitement des palourdes.

Les importantes quantités de nourriture mises en conserve durant les mois d'abondance de l'été, auxquelles s'ajoutaient des ressources locales, permettaient l'occupation tout au long de l'année des sites des villages et le développement, durant au moins 5000 ans, de complexes relations sociales liées à l'environnement. L'ancêtre Syalutsa' et d'autres premiers hommes établirent des villages sur la rivière Cowichan et sur son delta. Ils se nommaient eux-mêmes Cowichan d'après la montagne qui se dresse à l'Est du delta de la rivière et qui ressemble à une grande grenouille "qui se prélasse au soleil", ou squw'utsun'. Les sites de construction sur le delta fluctuaient selon les changements dans le cours de la rivière mais à l'époque du premier contact avec hwunitum, plus d'une douzaine de villages et de sites de maisons incluant les peuplements principaux de Clemclemalits, Taitka, Comiaken, Quamichan, Khenipsen et Somenos, occupaient les rivages de la Baie de Cowichan ou bien les berges de la rivière Cowichan. Des familles possédaient à titre individuel des barrages à poissons sur la rivière mais la chasse et la cueillette de la nourriture sur le delta étaient accessibles à tous.
Au delà de la rivière et de son delta, des familles Cowichan possédaient à titre individuel des terres et des ressources naturelles à l'extrémité Sud de l'île de Salt Spring depuis Xwaaqw'um jusqu'à Tsuween et sur diverses Iles-Gulf, à Hwes'hwum, Sqtheq et ailleur. Les sites de collecte de nourriture et d'autre ressources s'étendaient au delà du Golfe de Géorgie jusqu'à des lieux tels que Theethuts't sur le bas du fleuve Fraser où la majeure partie du peuple Cowichan migrait chaque été pour pêcher les grands bancs de saumons "Sockeye".
Au Nord des Cowichan, un groupe de population ayant avec eux des liens de parentée étroits occupait des villages sur la côte Est de l'île deVancouver et sur les Iles-Gulf adjacentes de Kuper, Galiano et Valdez. Ces populations revendiquent être les descendants deStutsun et d'autres ancêtres qui tombèrent du ciel sur la montagne Skwaakwnus surplombant le delta de la rivière Chemainus. Les Hwunitum les appellent "Chemainus," mais ces populations se désignent elles-mêmes individuellement du nom de leurs villages d'hiver - Halalt, Chemainus, Sickameen, Taitka (Lyacksen), Penelakut, Yuhwula'us ou bien Lamalcha. Des familles de ces villages contrôlaient dans le passé diverses terres et ressources sur la côte Est de l'île de Vancouver depuis Sthihum jusqu'à Kwhwuyt et partout dans les Iles-Gulf.
Tout comme la rivière Cowichan était au coeur de l'activité économique du peuple Cowichan, la rivière Chemainus (Silaqwa'l), plus petite, était au coeur de l'activité de collecte de nourriture et d'autres ressources pour les Premières Nations Hul'qumi'num. Des familles de Penelakut possédaient des filets aériens pour attraper les canards et des lieux de pêche sur Bonsall Creek, mais les vasières et les ressources de l'embouchure de la rivière étaient partagées par tous. En amont, on disait que les ressources et les territoires de chasse étaient utilisés seulement par les familles Halalt, Sickameen, et Chemainus. Sur les îles, des familles Lamalcha et Penelakut contrôlaient l'accès à certaines terres et ressources sur les deux rives de Trincomalee Channel depuis Sqthaqa'l jusqu'à Kulman, incluant l'extrémité Nord de l'île de Salt Spring depuis Stulan sur la côte Ouest jusqu'à Shiyahwt à l'Est, et la totalité de l'île Galiano.
Taitka (aparenté au village Cowichan du même nom) contrôlait l'île Valdez et partageait avec les Penelakut le produit de la chasse annuelle aux lions de mer à Porlier Pass. Toutes ces populations traversaient chaque été le Golfe de Géorgie pour se rendre à Hwlitsum (Canoe Pass), sur le bras Sud du delta du fleuve Fraser, à Tluktinus, et plus en amont à Qiquyt, pour pêcher les saumons "Sockeye".
Les Premières Nations Hul'qumi'num de l'île de Vancouver et des Iles-Gulf vivaient dans des villages dont la taille allait de une à quinze grandes maisons rectangulaires construites avec des poteaux et des poutres de cèdre et couvertes de planches de cèdre fendues. Chaque maison abritait une ou plusieurs familles élargies, chacune occupant sa propre section, que l'on appelait lelum'unup, c'est à dire 'l'endroit d'où on est originaire". Ensemble, ces familles élargies de frères, cousins et beaux-frères vivant dans une grande maison constituaient le hw'nuchalewum, ou "groupe de la maison", l' "unité la plus élevée de commune alllégeance" dans le village.
Malgré le fait que les habitants d'un village partageaient les mêmes ancêtres, les mêmes noms et s'identifiaient à un même territoire localisé, le village n'était pas une unité sociale isolée et autonome sous l'autorité d'un chef unique, mais une alliance souple de hw'nuchalewum qui pouvaient coopérer à des activités de collecte de nourriture, échanger de la main d'oeuvre, ou participer à la défense collective. Cependant, comme l'explique l' anthropologue Wayne Suttles, " il n'existait aucune organisation formelle du village pouvant les y contraindre. Il n'existait pas de bureau du chef du village et pas de conseil du village. La coopération se décidait au coup-par-coup. L'autorité de chef n'existait que pour des motifs spécifiques et s'exerçait grâce à des compétences particulières, des droits de propriété, ou bien de supposés pouvoir surhumains".
L'institution du mariage établissait des liens entre les hw'nuchalewum et des "groupes de la maison" dans d'autres villages à travers le territoire des Premières Nations Hul'qumi'num et au delà . Il en résultait que " le statut de l'individu et de la famille dépendait autant des liens contractés par le mariage et de sa parenté avec des habitants d'autres villages que des droits basés sur l'économie et sur l'identité traditionnelle au sein de son propre village". Ces liens entre les villages constituaient la communauté hwulmuhw bien davantage que le village lui-même.
Les Premières Nations Hul'qumi'num avaient evolué vers une société divisée en trois classes jouissant chacune d'un statut distinct. La majorité des gens étaient considérés comme étant de la "classe supérieure", ils étaient individuellement qualifiés du nom de si'em. Les si'em descendaient d'ancêtres éminents de qui ils avaient hérité des noms importants qui s'accompagnaient de droits et de privilèges, incluant l'accès à certaines terres et ressources. Les si'em dépassaient largement en nombre les gens du commun, ou stashum, la"basse classe" ceux qui avaient "perdu leur histoire" et qui "ne pouvaient revendiquer les ressources les plus productives du secteur et ne pouvaient non plus revendiquer des privilèges héréditaires reconnus". Les stashum vivaient souvent dans des maisons séparées dans leur propre quartier du village ou bien dans un endroit complètement différent où ils restaient soumis à la "classe supérieure". Les esclaves, ou skwuyuth, qui étaient des personnes capturées à la guerre ou bien qui avaient été achetées, étaient peu nombreux et vivaient dans les maisons des riches où ils étaient considérés comme une propriété privée.
Les si'em possédaient des droits de propriété sur les secteurs de collecte de nourriture les plus productifs de la campagne environnante, mais le statut le plus élevé provenait du partage de la nourriture. Leurs droits et privilèges étaient validés au travers de l'institution culturelle du stlun'uq, ou potlatch; à cette occasion les gens d'autres villages étaient invités par leur hôte hw'nuchalewum "afin de recevoir des présents de valeur destinés à valider des changements de statut et d'exercer des privilèges héréditaires". Suttles écrit que le stlun'uq: ... jouait un rôle important à l'intérieur de ce système de partage de l'accès aux ressources. En pratiquant le potlatch, un groupe établissait son statut vis-a-vis d'autres groupes, une manière de dire "nous sommes une famille élargie (ou un village de plusieurs familles élargies) ayant des droits sur tel ou tel territoire sur lesquels se trouvent telles ou telles ressources". Lorsqu'un meneur de la communauté s'arrogeait un nom remontant au commencement du monde, lorsque les ancêtres du groupe apparurent pour la première fois en ce lieu, cela ne démontrait pas seulement la validité des droits du groupe mais peut-être annonçait en fait " voici l'homme qui a la responsabilité de nos ressources".
A l'intérieur du système socio-économique global, la fonction la plus importante du stlun'uq, comme Suttles l'a démontré, n'était pas la recherche d'un statut élevé, mais la redistribution des richesses provenant des ressources possédées par la famille à l'intérieur de la communauté inter-villages - les bénéficiaires ayant l'obligation de rendre l'invitation à une certaine date dans l'avenir.
Chez les Hwulmuhw la propriété foncière n'était pas une question de titre exclusif détenu par des individus sur des parcelles de terre distinctes, mais elle était basée sur la propriété des ressources détenues par un hw'nuchalewum particulier. La terre n'était pas considérée comme un bien en elle même, mais sa valeur provenait des ressources qu'elle fournissait afin de nourrir, loger, vêtir, et équiper un individu et sa famille élargie. L'accès aux gisements de palourdes et leur gestion, l'accès aux rochers à phoques, aux lieux de pêche, aux buissons de camas et aux prairies de trèfle sauvage, ainsi que d'autres ressources étaient à la base de la richesse d'une famille. L'exploitation et la redistribution de ces ressources constituaient la fondation sur laquelle reposait l'économie des Hwulmuhw.
Les limites des terres et des ressources que possédait une famille étaient bien connues. Comme l'explique Bob Akerman :

De nombreuses personnes disent que les Indiens ne possédaient pas la terre parce qu'elle n'était pas bornée. Mais elle était bornée par des points de repère naturels, les rivières, les torrents, les montagnes et les rochers - Tout ce genre de choses.

Bien qu'aient existé des terrains de chasse et des lieux de cueillette accessibles à tous à proximité des villages d'hiver, l'accès aux ressources privées était contrôlé et la punition en cas d'empiètement non autorisé était sévère, au moins pendant la première moitié du dix-neuvième siècle. Un récit ancien à propos des droits de propriété des Premières Nations Hul'qumi'num nous vient du fils d'une femme appartenant à la noblesse Quamichan et d'un Anglais du nom de John Humphreys qui s'était établi dans le delta de la rivière Cowichan, peut-être aussi tôt que1856. D'après cette information "telle qu'elle est rapportée par les Indiens eux-mêmes":
Chaque famille avait ses propres lieux de chasse et de pêche, et la parcelle de terrain que chacun revendiquait était proportionnelle à la dimension de la famille, une grande famille disposait d'une grande parcelle et vice versa. Parfois une famille avait la jouissance de terres s'étendant sur plusieurs miles, dans le but d'y chasser et d'y pêcher. Si un Indien découvrait un autre homme en train de braconner sur ses terres il l'abattait et le tuait immédiatement car la loi l'y autorisait. Il existait très peu de lois mais celles qui existaient étaient appliquées de manière stricte, et la punition lorsqu'on ne les respectait pas était très sévère. Et aussi chaque homme pouvait obtenir sur ses propres terres presque tout le gibier qu'il désirait et par conséquent n'avait pas à empiéter sur les terres de ses voisins.
La reconnaissance des biens appartenant à une famille importait beaucoup, mais l'accés aux ressources que possédait une famille n'était pas refusé à ceux qui respectaient le protocole. Lorsqu'on demandait à son propriétaire l'accès à une ressource, il était rarement refusé. Considérons par exemple les ressources que possédait une famille Clemclemalits de la "classe supérieure" à Xwaaqw'um (Burgoyne Bay) sur l'île de Salt Spring :
Ils possédaient la propriété et ils étaient habituellement à cet endroit. les Indiens ne faisaient pas qu'utiliser la terre occasionnellement - Ils la possédaient. Si d'autres voulaient pêcher ou chasser dans ce secteur ils devaient obtenir la permission

La terre était la source du bien-être économique et était l'objet d'une profonde vénération pour ses valeurs spirituelles. Le paysage préservait les enseignements de Heel's dans d'étranges formations rocheuses, il contenait les ossements des ancêtres, et il était la demeure des stlutle'luqum (les petits êtres dangereux). La richesse et le succès dans l'existence dépendaient de pouvoirs surnaturels accordés par les stlutle'luqum, mais n'y avaient accés que ceux qui s'entrainaient durement et s'astreignaient à suivre une ligne de conduite très stricte. Ce pouvoir permettait aux hommes et aux femmes d'exceller dans leurs talents particuliers. L'île de Salt Spring, la plus grande des Iles-Gulf, renfermait de nombreux sites sacrés dans les montagnes et auprès des lacs où les jeunes venaient, en quête de pouvoirs surnaturels.
A la fin du dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième, les prophètes Hwulmuhw prédirent le changement imminent qui allait bouleverser à jamais les cycles économiques établis ainsi que l'ordre social - le contact avec les empires marchands chrétiens d'Europe et d'Amérique:

"Un chamane rêva qu'une grande pirogue venait à son vilage, se déplaçant sans pagaies. Un homme au visage noir, couvert de poils noirs et la peau blanche en dessous, sourit et appela le vieil homme ami. L'étranger donna au vieil homme une petite boîte, peinte de couleurs vives, puis partit dans sa grande pirogue.
le vieil homme essaya d'ouvrir la boîte, mais il ne parvint pas à découvrir comment le couvercle était fixé. Soudain la boite s'ouvrit brutalement et en sortit en rugissant un vent violent qui assécha les sources et les torrents. les poissons quittèrent les eaux de la mer et des rivières et les cerfs coururent jusqu'au versant opposé des montagnes.
Le grand vent dessécha la gorge du vieil homme, lui donnant soif de whiskey, une boisson qu'il n'avait jamais goûtée. Les guerriers en vinrent à se quereller entre eux et plus personne n'écoutait les sages conseils.
Finalement, la maladie tachetée sortit de la petite boîte, et le chamane comprit ce qu'était le cadeau de l'homme blanc - la mort".

Hwunitum

Longtemps avant que les Hwunitum ("le peuple venu de nulle-part") ne s'installent dans le Golfe de Géorgie, leur présence sur le continent Nord -Américain avait déjà eu un effet mortel sur les peuples aborigènes sous la forme de la variole, qui avait atteint la région en1782 traversant le pays en provenance de de la région du fleuve Columbia au Sud. L'épidémie s'était calmée le temps qu'elle parvienne jusqu'aux confins septentrionaux du Détroit de Géorgie, mais, dans son sillage, les centres de population Hwulmuhw étaient décimés. Epargnés par l'épidémie, les peuples Kwakwaka'wakw vers le Nord mirent la situation à profit et lancèrent des raids dévastateurs à l'intérieur des territoires de leurs voisins du Sud affaiblis, à la recherche d'esclaves et de richesses. D'autre part la fin de l'épidémie coïncida avec l'essor du commerce maritime des fourrures, dont le centre principal était situé dans les territoires Nuuchahnulth de la côte Ouest de l'Ile de Vancouver. Bien qu'ils ne furent impliqués qu'indirectement au début avec les négociants de fourrures Européens et Américains, les Kwakwaka'wakw purent obtenir des marchandises européennes et américaines, des mousquets en particulier, ce qui augmenta encore leur supériorité militaire sur leurs ennemis du Sud, causant une importante instabilité sociale dans la région.
L'établissement de la Compagnie de la Baie d'Hudson à Fort Langley sur le fleuve Fraser en 1827 facilita pour les Hwulmuhw l'accès aux marchandises européennes et aux mousquets et rétablit l'équilibre des forces entre les combattants Hwulmuhw et Kwakwaka'wakw. Les mousquets permirent aux guerriers Hwulmuhw d'égaler l'aptitude au combat de leurs adversaires et permirent des raids préventifs en territoire Kwakwaka'wakw, ce qui, avec le temps, mit en échec leur progression vers le Sud.
L'escalade de la guerre dominée par l'utilisation du mousquet amena des innovations dans la stratégie des Hwulmuhw. Les guerriers Hwulmuhw apprirent rapidement les avantages du tir par salve, les hommes tirant avec leurs mousquets à l'unisson sur une cible unique. Les mousquets à canon lisse, en eux-mêmes lourds et longs à charger, étaient presque moins efficaces que les arcs et les flèches, mais lorsqu'ils étaient utilisés en masse, leur effet était dévastateur, en particulier lorsque cette méthode était employée depuis une position dissimulée sur un ennemi pris au dépourvu. Cette tactique, le tir surprise par salve, devint une marque distinctive de la tactique Hwulmuhw et fut responsable de plusieurs victoire importantes sur les Kwakwaka'wakw.
L'introduction des armes à feu occasionna aussi des modifications dans les fortifications, telles que la construction de tranchées creusées dans la terre et combinées avec des blockhaus munis de meurtrières. Construit en solides madriers équarris, garni de meurtrières pour les mousquets et les canons, le blockhaus permettait aux guerriers de concentrer leur puissance de feu à partir d'un emplacement stratégique protégé sur un ennemi à découvert et sans protection. Dans le village Saanich de Tsouwat, chaque famille construisit un blockhaus aux murs de planches "à l'extérieur de sa propre maison. Il avait des portes vérouillables et des meurtrières. Il mesurait environ vingt pieds de haut en façade mais était plus bas à l'arrière, à peu près la hauteur q'un homme peut atteindre bras tendus". Ces blockhaus primitifs semblent n'avoir été simplement que des versions à échelle réduite de la maison traditionnelle en planches à toit à simple pente. Il est possible que les fortification les plus élaborées construites par les hwulmuhw aient été celles qui furent édifiées par Tsosieten, le guerrier Cowichan, à Taitka sur le delta de la rivière Cowichan. Taitka était "entouré de pieux et de bastions d'où pointaient trois gros canons".
Les combats continuels entre les Premières Nations Kwakwaka'wakw et Hul'qumi'num favorisèrent l'apparition,chez ces derniers, de nombreux grands guerriers si'e, parmi eux Hulkalatkstun de Penelakut, Tsosieten de Taitka, Lohar de Comiaken et Tzouhalem de Khinepsen. Né de l'union d'un homme Quamichan et d'une femme Comiaken, Tzouhalem, guidé par sa grand-mère, subit un entrainement de guerrier. Sa "vieille mémé ... lui enseigna à prendre un bain chaque jour, à frotter sa peau avec des rameaux de pruche, et à courir à travers bois et collines là où les esprits viendraient à lui pour lui parler. Tzouhalem rencontra un esprit cannibale qui lui dit: "Lorsque tu combattras et quand tu tueras des gens, je serai avec toi", alors, Tzouhalem " retourna dans la grotte où il vivait et chanta son chant-mystère ... ce qui signifiait qu'on lui avait donné à manger de la chair humaine. Tout en dansant, il brandissait son fusil et son couteau".
L'apparente invincibilité au combat de Tzouhalem ainsi que son attitude indisciplinée fit qu'on lui demanda de quitter le village de Quamichan, ce qu'il fit, s'installant avec ses fidèles dans une unique maison fortifiée à Khinepsen à l'embouchure de la rivière Cowichan près de Comiaken, le village de sa mère. Tzouhalem maintint ses liens avec Quamichan. Un recensement hwunitum de 1853 l'identifiait comme le principal "chef", et il semble plausible que les prouesses au combat de Tzouhalem aient aidé à établir Quamichan comme le plus grand et le plus prospère des villages Cowichan avec une réputation de résistance à l'empiètement des hwunitum.

La Bataille de Hwtlupnuts (Maple Bay, vers 1840 )

L'ascension militaire Hwulmuhw culmina à la bataille de Hwtlupnuts (vers1840), lorsque se constitua une alliance sans précédent de guerriers Premières Nations Hul'qumi'num, Nanaimo, Saanich, Songhees, Esquimalt, Musqueam et Squamish dans le but de vaincre une armada d'envahisseur Lekwiltok, de langue Kwakwaka'wakw, et leurs alliés Comox. La mobilisation se produisit lorsque parvint dans le Sud la nouvelle de l'arrivée imminente d'une importante force d'invasion venant du Nord. Après avoir pénétré sur les territoires des Premières Nations Hul'qumi'num, les hommes du Nord atteinrent Hwtlupnuts (Maple Bay) où ils établirent un campement sur la plage. Sous l'autorité de Tzouhalem et de Tsosieten, l'armée hwulmuhw se scinda en deux divisions, une sur chaque rive de la baie, un troisième groupe, habillé de manière à ressembler à des femmes, pénétra en pirogue dans la baie où ils furent repérés par ceux du Nord qui se lancèrent à leur poursuite, uniquement pour se faire prendre au piège alors que les alliés hwulmuhw, suivant un systéme de signaux convenus à l'avance, les encerclèrent pour les massacrer. Ce fut la première et dernière fois qu'un groupe aussi divers de Premières Nations s'unit pour combattre un ennemi commun. La bataille de Hwtlupnuts mit fin aux raids à grande échelle des gens du Nord dans le Sud, bien que des raids moins importants et des engagements violents avec les Premières Nations Hul'qumi'num continuèrent à se produire pendant encore trois décennies.

Fort Victoria

Préoccupé par l'annexion imminente de la région du fleuve Columbia par les Etats Unis, région où était situé Fort Vancouver, qui était le dépôt sur l'Océan Pacifique de la Compagnie de la Baie d'Hudson, George Simpson, le gouverneur de la Compagnie, donna des instruction pour qu'un autre fort soit établi à l'extrémité sud de l' Ile deVancouver. En application de ces instructions, James Douglas quitta Fort Vancouver en Mars 1843 sur le vapeur de la Compagnie de la Baie d'Hudson Beaver, en direction de l'Ile de Vancouver. Né en 1803, en Guyane Britannique d'un père Ecossais et d'une mère Africaine-Américaine, Douglas était au service de la Compagnie de la Baie d'Hudson dans le Nord-Ouest Pacifique depuis 1821. En raison de la longue durée de son séjour dans le pays, il avait une intime compréhension de nombreux aspects de la culture aborigène. Mesurant plus de six pieds, cet "homme puissant et robuste aux bonnes manières et aux capacités respectables" qui était "furieusement violent quand on le poussait à bout" domina l'histoire des premiers temps de la Colombie Britannique de bien plus haut qu'aucun autre.
A son arrivée au Sud de l'Ile de Vancouver, le 14 Mars 1843, Douglas, alors âgé de 39 ans choisit des terres appartenant au peuple de langue Lekwungaynung adjacentes à un port naturel abrité qui allait être le site de Fort Victoria. La première réunion entre les Britanniques et les propriétaires des terres impliqua un degré certain de confrontation et d'incertitude. Comme l'observa un membre de l'expédition:
Il était environ quatre heures de l'après-midi lorsque nous arrivâmes là. Nous ne vîmes tout d'abord que deux pirogues; mais, après que nous ayons tiré deux coups de canon, les aborigènes quittèrent leurs retraites et entourèrent le vapeur. Le jour suivant des pirogues arrivèrent de tous les côtés.
Une compréhension mutuelle ne tarda pas à régner. Douglas "les informa de notre intention de construire à cet endroit,ce qui parut leur plaire énormément"; Avec leur coopération et leur aide une longue estacade fut bientôt érigée et les bâtiments du fort étaient en cours de construction. Dans la soirée du 17 Mars, une "colonne lumineuse" apparut, traçant un arc en travers du ciel. Ayant entendu parler des hwunitum et attirés par le phénomène céleste, près de 1200 personnes, Cowichan, Clallam, et Saanich convergèrent vers le site, où ils furent accueillis par le premier prêtre Catholique Romain à avoir posé le pied sur l'Ile deVancouver, le Père Jean Baptiste Bolduc. Il célébra la messe le dimanche 18, puis se rendit à un village proche où il baptisa 102 personnes. Un jeune homme déclara à Bolduc qu'une prophétie avait annoncé son arrivée de nombreuses années auparavant.

L' Attaque de Fort Victoria
Les Hwulmuhw accueillirent favorablement la présence du nouveau fort des Hwunitum sur l'Ile de Vancouver parce que cela signifiait un meilleur accès aux marchandises des Hwunitum, en particulier les armes à feu, les munitions, les couvertures, les articles de quincaillerie et l'alcool. Avant que l'année ne soit écoulée, cependant, un conflit de juridiction vit le jour, lequel menaça de dégénérer en violence ou même en guerre ouverte entre les négociants Hwunitum et la coalition de guerriers qui avaient récemment vaincu les raiders venus du Nord à Hwtlupnets. Afin de fournir de la viande pour un festin, un groupe de chasseurs Hwulmuhw abattit ce qu'un employé de la Compagnie de la Baie d'Hudson prétendit être "un certain nombre de nos meilleurs chevaux et boeufs de travail". Les animaux ne se trouvaient pas dans l'enceinte du fort, que les Hwulmuhw semblaient reconnaître comme étant la propriété des Hwunitum , mais avaient été "mis à pâturer sur les terrains des alentours": Chasse autorisée, sans aucun doute pour les Hwulmuhw propriétaires des terres à l'extérieur de l'établissement de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Roderick Finlayson, qui assumait depuis peu la fonction de Négociant-en-Chef, répondit en suspendant tout commerce et en posant un ultimatum: "J'envoyai alors un message aux chefs exigeant que soient livrés les auteurs de cet acte commis sans aucune provocation préalable, ou bien que les animaux tués soien remboursés, ce qui fut refusé - Je suspendis alors tout commerce ou toute autre affaire avec eux jusqu'à ce que ce problème soit réglé - Sur ces entrefaites ils firent prévenir certaines des tribus voisines - pour qu'elles viennent leur prêter assistance, car ils avaient l'intention d'attaquer le fort". Les Hwulmuhw des environs de Fort Victoria appelaient à la formation de la même alliance de guerriers qui avait récemment vaincu les Kwakwaka'wakw et leurs alliés à Hwtlupnuts.
Les Hwulmuhw reçurent bientôt ces renforts, parmi lesquels un contingent de guerriers Cowichan menés par Tzouhalem, qui assumait le commandement de l'opération militaire. Après deux jours de négociations, les guerriers de l'alliance "ouvrirent le feu sur le fort criblant de balles de mousquet l'estacade et les toits de la maison". La fusillade fut intense et d'après Finlayson, " ce fut avec la plus grande difficulté que je pus avoir le dessus sur nos hommes et les persuader de ne pas ouvrir le feu en retour à ce moment là, mais d'attendre mes ordres". Le Négociant-en-Chef savait que toute réponse de la part du fort plongerait la Compagnie de la Baie d'Hudson dans une guerre désastreuse contre un ennemi numériquement supérieur et bien armé. Finlayson opta pour une démonstration de force, sans blesser personne, de manière à rouvrir les négociations. Il fit tirer un coup de canon chargé avec de la mitraille sur une maison Hwulmuhw vide des environs, la démolissant complètement. Les coups de feu cessèrent et les deux camps acceptèrent de parlementer. Le conflit fut réglé selon la loi des Hwulmuhw, en conséquence de quoi une compensation fut acceptée pour le préjudice subi. Finlayson écrivit plus tard qu'il "était résolu à ce que les coupables soient punis, ou que les animaux tués soient remboursés - Ils préférèrent ce deuxième choix, et avant la fin de la journée, des fourrures représentant l'intégralité de la somme furent livrées à la porte. Après quoi nous fumèrent la pipe de paix".


La Colonie de l'Ile de Vancouver
Le 15 Juin 1846, face au militantisme grandissant des squatters américains dans les territoires d'Orégon et de Washington, le Traité de Washington fut signé par les Etats Unis et la Grande Bretagne, accordant aux américains le 49th parallèle comme frontière depuis les Montagnes Rocheuses jusqu'au Pacifique, mais laissant l'Ile de Vancouver dans la sphère d'influence britannique. La même année, le Gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Sir John Pelly, écrivit à Earl Grey, le Secrétaire aux Colonies de la Grande Bretagne, pour l'aviser de ce que:

La Compagnie de la Baie d'Hudson, ayant constitué un établissement à la pointe sud de l'Ile de Vancouver, lequel grandit chaque année, est anxieuse de savoir si la possession de ces terres lui sera confirmée, car cela pourrait lui paraître convenable de les ajouter à celles qu'elle possède déjà.

Earl Grey admit que les intérêts de la Grande Bretagne dans la région seraient servis au mieux par une politique active d'immigration et de colonisation anglaise afin de contrer l'installation des américains. En dépit d'une controverse au sujet du plan, le 13 Janvier 1849, la Reine Victoria signa la concession faisant de la Compagnie de la Baie d'Hudson "les véritables seigneurs et propriétaires" de l'Ile de Vancouver", s'y ajoutait " la souveraineté sur les mers bordant ces côtes dans les limites précédemment définies, et toutes les mines royales qui s'y trouvent".
Les jours du commerce des fourrures touchaient à leur fin alors que les activités de la Compagnie de la Baie d'Hudson se diversifiaient et incluaient maintenant l'agriculture, le fumage des saumons, l'exploitation forestière et maintenant la colonisation. La Compagnie devait assumer la responsabilité de toutes les affaires civiles et militaires dans la nouvelle colonie, le coût devant en être couvert par les ventes de terres. La concession devait être renouvelée tous les cinq ans et, si annulée, le Gouvernement Impérial "pourrait racheter l'Ile, à condition qu'il rembourse la Compagnie pour ses dépenses et pour ses établissements et propriétés".
La seule référence aux propriétaires aborigènes de l'Ile dans les lettres-patentes était une déclaration selon laquelle la colonisation britannique sous les auspices de la Compagnie de la Baie d'Hudson "contribuerait grandement... à la protection et au bien-être des indigènes Indiens résidant à l'intérieur des limites de cette portion de Nos territoires", faisant probablement contraste avec l'état de guerre existant entre les peuples aborigènes et les américains dans le sud, dans les anciens domaines de la Compagnie dans les territoires d'Orégon et de Washington. A Londres, on savait peu de choses sur les peuples aborigènes de la région, et le règlement de la question de l'extinction des droits des aborigènes préalablement à l'occupation de la terre était laissé aux officiels locaux de la Compagnie de la Baie d'Hudson . Cependant les intentions du Colonial Office à propos de cette question sont révélées dans la version préliminaire confidentielle d'un document parlementaire preparé en Mars 1849, à l'attention du cabinet, qui stipule que:
... en se séparant des terres de l'Ile, Sa Majesté abandonne seulement ses droits sur celle-ci, et toutes les dispositions qu'elle aurait pu être tenue de prendre afin d'extinction des droits de propriété des Indiens incombent également et obligatoirement à la Compagnie.
La reconnaissance de l'existence de droits de propriété fut confirmée lors de discussions concernant la création d'une législation destinée à permettre l'administration de la justice dans la nouvelle colonie, lesquelles firent référence à "cette partie des Territoires Indiens appelée Ile de Vancouver".


Pour plus de détails sur cette histoire, lire le livre de Chris Arnett "The Terror of the Coast: Land Alienation and Colonial War on Vancouver Island and the Gulf Islands, 1849-1863" by Chris Arnett,(Talon Books, 1999)