_ _ Village Janvier 1863

Cher Ami,
Nous sommes arrivés enfin en ce lieu après avoir passé 8 ou 10 jours à Birmingham au milieu des manufactures. J'ai acheté une quantité de marchandises qui vont me rendre bien service. En fait j'ai tellement acheté que j'ai presque épuisé mon argent car j'ai laissé à la vente à New York une quantité de pois dont j'espérais trouver le profit de la vente m'attendant à Aberdeen, mais en arrivant j'ai réalisé que les fonds n'étaient pas à ma disposition donc je me retrouve dans l'embarras si rien ne vient vite alléger ma détresse. J'ai écrit à George pour le prêt de 15 à 20 livres depuis Birmingham vers le 2 ou le 3 de ce mois. J'ai envoyé la lettre à Chatham. J'espère qu'il l'a reçue et je serai dans un joli pétrin s'il ne l'a pas reçue et manque de m'envoyer la somme, car je vais recevoir une quantité de marchandises au printemps il sera nécessaire de régler tous les vieux comptes et comme j'ai une petite dette envers Patten & Co depuis longtemps pour laquelle il transigera à 5 livres je vous serai obligé si vous pouviez me prêter cette somme de manière à ce que la chose soit réglée avant que j'arrive. J'en ai confié la gestion à John Le( ys ou gs ) -et si vous avez pu lui remettre cette somme de ma part je vous paierai à mon départ. Je suppose que vous vous attendez à entendre une quantité de choses à propos de ce pays. Tout ce que je peux dire c'est que je m'en suis lassé et que j'aimerais être de retour à la maison. A propos de moi et de M. Wishert (sic) vous voulez que je vous dise quelque chose. C'est un bon travailleur intelligent mais les choses étant ce qu'elles sont il lui est impossible de faire plus que de maintenir les choses en ordre. Mon père et moi vivons dans une seule pièce maintenant et vous pouvez imaginer que cela lui a fait du bien de me voir bien que son état ne soit pas des meilleurs il semble heureux & satisfait. Il vit là très simplement. Si ce n'était pas le cas il ne serait pas si bien. Il est très reconnaissant à Margaret pour le cadeau envoyé. Wishert est un homme qui ressemble beaucoup à Julian Davison en fait ils sont en toutes choses comme deux pois et quand vous voyez l'un vous pouvez imaginer à quoi ressemble l'autre. Les provisions sont prodigieusement chères ici maintenant un pain de 4 livres 10d la farine d'avoine 25/le demi(?) alors qu'il n'y a pas d'augmentation des salaires en proportion ce qui explique la dureté des temps présents. J'ai mis 38 jours pour parvenir à Liverpool le voyage a été agité et tempêtueux pendant lequel j'ai attrapé un coup de froid dont je me suis ressenti pendant plusieurs semaines. Comme vous l'avez demandé je me suis rendu à Edinburgh pour effectuer les démarches nécessaires à propos de votre propriété et j'y ai passé plusieurs jours pour cette raison. Je suis heureux d'être en mesure de vous apprendre que j'ai été assez fortuné pour découvrir (par) M. Miller la propriété de GrassMarket/Dewertown et de voir votre oncle William mais je suis enclin à croire que peu ou rien de la propriété ne lui appartient légalement. En fin de compte M. Miller m'a montré ce merveilleux document légal le reçu pour les 50 livres et c'est avec plaisir que je suis à même de vous informer que ce n'est pas un titre définitif du tout car il n'a pas été établi sur du papier timbré et il ne fait mention d'aucun témoin. C'est ma foi un titre d'une apparence bien curieuse pour qu'il puisse servir à priver une personne de ses droits. Les seuls noms dont il fasse mention sont James Robert & William Chisolm. D'abord il y a James puis les deux autres dessous, mais pas à l'emplacement des témoins, car tout ce coin- à gauche sous le mot témoin est déchiré, vous pouvez être assuré qu'il n'y a aucune légalité dans celui-ci. Miller a avisé votre oncle que j'étais en ville à propos de la propriété il m'a donc payé une visite à mon hôtel mais elle a été courte & ça faisait mal de voir combien il semble peu se soucier du bien-être de son frère ou combien peu il semble vouloir en savoir à propos de ce qui le conserne(sic). Le peu de temps qu'il a passé avec moi a été principalement dépensé à parler de la propriété et à dégager lui-même & Frère de tout reproche. En effet lui et Millar voulaient dissimuler tout ce qu'ils pouvaient en donnant des réponses incorrectes et équivoques à mes questions. J'ai parlé de cela à un avocat capable et distingué à Edinburgh qui semble penser que le document est inutilisable- son nom est M. Raymer de la firme Scott Raymer&Scott. C'est une personne des plus honorables à ce qu'on me dit, il réside 38 rue Frederick, Edinburgh. Donnez lui tous les détails et il vous dira ce qui peut être fait.

Je pense repartir sur le Glasgow au milieu du mois prochain si les fonds arrivent à temps. Sinon je serai coincé puisqu'on m'a manqué de parole depuis New York. Si George ne réside pas à Chatham écrivez lui pour l'informer de ma situation-étant donné que c'est là que j'ai envoyé ma lettre. Mes dépenses pour me rendre à Edinburgh s'élèvent à environ 5 dollars. Je prends des arrangements avec des gens d'ici de manière à être en mesure d'acheter autant que possible de blé ou de pois dans votre quartier quand je repartirai.

Votre dévoué
Jonathan Begg

Chemin faisant j'ai oublié de mentionner que j'ai eu l'honneur de boire un peu de ce whisky Royal Lochni_ _ dans le verre même où Sa majesté la Reine Victoria a bu une gorgée à la distillerie. Son bouquet a dû en être bien amélioré, pour sûr. J'ai passé la soirée d'avant-hier avec M. Begg et sa famille en cette occasion mémorable. La tempête de neige ici a été terrifiante et la moitié des campagnards dans les hautes terres ont été presque ensevelis je vous ai acheté un mammifère de Nouvelle-Zélande.