Anne Humphries

Après avoir franchi le Cap Horn avant de s’installer à Fort Victoria en 1851 pour y travailler, l’arrière grand-père d'Anne devint éleveur de volaille et de bétail sur l’île de Vancouver et fournisseur du magasin Mouat de Salt Spring. Il aimait bien la chasse au canard, surtout à Cusheon Lake, où il possédait un chalet.
Anne fut élevée à Victoria, et bien qu’elle dût s’éloigner de la région à l’âge adulte, la région demeura dans son cœur. Dix ans plus tard, quand ses enfants furent grands, elle fut en mesure de regagner la côte et de faire de Salt Spring son île. Une réunion de la Société historique l'intrigua au point qu’elle décida de s’y porter bénévole. C'est en passant trois mois à cataloguer la revue trimestrielle historique de C.B (BC Historical quarterly) qu'elle acquit ses galons.
Sa passion pour l’histoire vit le jour lorsqu’elle aida son fils à compléter un projet pour l’école en généalogie. Aujourd’hui elle adore rencontrer les familles de pionniers et les encourager à partager leur trésor d’histoires, de photos et de documents, avec les Archives. Elle appuie aussi la protection du patrimoine, des bâtiments, voire même du paysage de l’île.
Elle travaille en ce moment sur la collection de Ruby Alton, dont elle fut une amie proche, - ce qui, au début, ne lui rendit pas la tâche facile. Mais aujourd’hui, avec quelques années de recul, elle se livre à la tâche avec affection, elle prend plaisir à cataloguer la collection.
Percer quelque mystère, scruter les photos, fouiller lettres et documents : voilà une tâche qui la fascine. "D’un seul coup," dit-elle, "les gens prennent une autre dimension. Nous jouons aussi notre rôle de pionniers. Les Archives sont un labeur de pionnier."
Anne raconte volontiers une anecdote qui prit place lors de la visite d’un représentant des Archives de la C.B.
à Salt Spring, dans le cadre d’une tournée provinciale. Suite à l’évènement, les Archives n’avaient pas encore fermé leur porte quand tout à coup, la porte (toujours verrouillée) d’une pièce attenante s’ouvrit pour faire place à la Guilde des Artistes. Les fenêtres furent promptement drapées, le chauffage augmenté, et ne voit-on pas aussitôt un modèle nu apparaître? Les archivistes ont bien tenté de fermer la porte, mais en vain, malgré le semblant de bataille à laquelle la bibliothécaire en chef ne put mettre un terme, ne pouvant abandonner son poste,debout, dans l’escalier, et se lassant d’intervenir. La farce se solda par une bonne rigolade.Tout de même, on ne se noie pas dans un verre d’eau.